Les vacances d’été sont déjà bien entamées mais il reste encore un petit mois avant la rentrée… L’occasion, après avoir regardé dans le rétroviseur, de se projeter vers l’avenir. J’ai donc encore une fois sollicité mes collègues pour connaître leurs attentes pour le jeu vidéo au sein des médiathèques (avec des étoiles dans les yeux).

L’avantage, quand on vient de loin (il n’y a des jeux que depuis 2013 et le média n’a qu’une quarantaine d’années, loin des centaines d’années du livre), c’est que tous les espoirs sont permis. Voici les quatre plus grosses attentes des bibliothécaires de l’Eurométropole de Strasbourg :

  1. Le prêt des jeux
  2. Les jeux en réalité augmentée et en réalité virtuelle
  3. Les jeux en ligne
  4. Les jeux sur ordinateur

Et si on entrait dans le détail ?

N° 1 : le prêt des jeux

Pour Frédérique, de la médiathèque Ouest, « pouvoir passer au prêt, ce serait déjà bien et nous permettrait de mieux toucher le public adulte ». On est tous d’accord : tout le monde a envie d’emprunter des jeux avec ses livres et ses DVD !

Mais pourquoi ne le fait-on pas déjà : le prêt des jeux vidéo (et de jeux de société) est conditionné au droit d’auteur et nous devons donc avoir l’autorisation de toutes les parties pour proposer, autant dire que c’est mission impossible… Faute de mieux, les jeux sont uniquement en consultation sur place.

N°2 : les jeux en réalité augmentée et réalité virtuelle

3-geraud-en-action-dans-longbowPour Cécile, de la médiathèque de Neudorf, « il y a beaucoup d’autres choses que l’on peut développer autour des jeux vidéo (jeux indé, jeux rétro, etc.) mais ce qui m’attire le plus c’est vraiment la VR, la réalité augmentée et les jeux en ligne coopératifsJ’aimerai beaucoup avoir l’occasion de tester la réalité augmentée. »

Du côté des « réalités alternatives », l’exemple le plus connu de ces derniers mois, c’est le carton Pokémon Go dont on a déjà prudemment parlé. Plus facile d’accès sur tablettes ou smartphones, le marché de la réalité augmentée est encore constituée d’applications inutiles et de jeux dispensables, on attend la vraie révolution ludique qui placera définitivement cette technologie au rang des incontournables.

Et Cécile de poursuivre : « j’aimerai beaucoup avoir plus souvent l’occasion de tester la réalité virtuelle, chercher et surtout tester de nouveaux jeux pour voir lesquels pourraient être utilisés en animation. J’aimerai bien trouver des jeux où deux voire trois personnes ayant chacune un casque VR se retrouvent dans le même univers virtuel et évoluent ensemble même si elles se trouvent dans des médiathèques différentes. (Mais pour cela, il faudrait deux voire trois casques VR identiques !) »

Ah oui, je crois que tout le monde rêve de ça, mais reconnaissons que la réalité virtuelle ressemble plus à pétard mouillé qu’à autre chose, en dépit des efforts (y compris chez nous) pour la populariser.

La transition est toute trouvée par Cécile : « Et le must du must, avoir tout ce matériel pour notre médiathèque avec une connexion internet plus poussée pour pouvoir faire des animations nécessitant une bonne connexion. »

N° 3 : les jeux en ligne

img_2541En effet, les médiathèques utilisent le réseau Straswifi de l’Eurométropole de Strasbourg pour l’accès public à Internet. Fonctionnel pour surfer sur le web depuis vos appareils, les consoles ne peuvent malheureusement pas s’y connecter pour des raisons techniques.

C’est dommage, comme nous l’explique Muriel de la médiathèque Sud : « actuellement, les jeux prévus sur ces consoles ont été créés pour être joué en ligne. Par exemple, un jeu comme Splatoon présente un intérêt limité dans nos espaces, car il est principalement prévu pour les joueurs se retrouvant en ligne. Sur des jeux type Call of Duty (jeu de guerre et de stratégie), le mode « histoire » représente environ un quart du jeu, le véritable intérêt du jeu réside dans les parties en ligne. »

D’ailleurs, Cécile aimerait « développer les jeux en ligne qui nécessitent un esprit d’équipe, des jeux coopératifs et participer aux tournois Lol en Bib (championnat League of Legend en bibliothèque) ou pourquoi pas des tournois inter-bibliothèques au sein de notre réseau. »

N° 4 : les jeux sur ordinateur

Une majorité de jeux en ligne sont sur ordinateur. Et, comme le fait remarquer Muriel, « actuellement aucune médiathèque (à ma connaissance) ne prend en compte les jeux vidéo sur PC (par exemple, 700 jeux PC sortent quotidiennement sur Steam). »

Pour rappel, les médiathèques proposent du jeu sur console pour des raisons pratiques. Le choix est déjà vaste, mais loin des possibilités sur ordinateur.

On ne parlera pas du rétrogaming et des jeux plus anciens qui auraient leur place dans nos murs, de même que les jeux libres. Ce sont des points sur lesquels nous travaillons, il faut s’armer de patience dans un monde où tout va très vite.

Conclusion

Nous n’avons qu’effleuré la surface du monde du jeu vidéo en médiathèque, il y a encore beaucoup à faire en acquisitions, valorisations, animations, en dépit des problèmes techniques et juridiques. Nous ne désespérons pas que tout cela évolue. Et l’espoir, en dépit de la complexité du monde, les bibliothécaires n’en manquent pas !

Si vous avez des remarques, des commentaires, des suggestions, n’hésitez pas à nous les faire connaître dans les commentaires ou via les réseaux sociaux (bib2strasbourg).

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