Avec le Librathon qui pointe le bout de son nez à la médiathèque Sud, on a décidé de jouer la liberté jusqu’au bout et d’aller voir ce qui se fait du côté des jeux vidéo libres

Dixit la FAQ de Tux Family, on peut définir ainsi un « jeu vidéo libre » :

  • son moteur (le logiciel) est sous une licence libre
    • côté client au minimum,
    • côté serveur si nécessaire, cela va de soi
  • les données utilisées (cartes, mods, persos, musiques, textures, …) sont aussi sous une licence libre
  • utilisation d’un format ouvert (avec les outils libres permettant de le manipuler, idéalement)

Historiquement, le jeu vidéo libre découle de l’informatique libre issue des projets GNU puis Linux. (Là, on vous remet le lien vers le Librathon ou l’occasion unique de venir comprendre la phrase précédente.)

Libre comme l’air

Alors que la plupart des jeux vidéo dépendent de sociétés – on parle alors de jeux propriétaires ou privateurs parce qu’ils privent les utilisateur-trice-s de certains droits (modification, copie, étude du fonctionnement…) – les jeux libres sont généralement développés par des communautés non-lucratives. Celles-ci ne bénéficient pas de budgets importants, font peu de publicité et s’appuient sur des outils eux-mêmes libres. Ainsi, il n’y a pas de franchises avec opus numérotés mais des mises à jour pour intégrer les ajouts et modifications (à la manière des applications sur votre smartphone/tablette).

Il n’est donc absolument pas question de comparer ce qui n’est pas comparable. Call of Duty : Infinite Warfare a des années d’avance technique sur les FPS libres ; en revanche, c’est un jeu propriétaire qui sera un jour abandonné par son éditeur : on ne pourra plus y jouer et encore moins l’améliorer (pour l’utiliser sur un nouveau type d’ordinateur par exemple). L’essentiel du marché du jeu vidéo est ainsi constitué de jeux dont la durée de vie de quelques années les relèguera irrémédiablement à l’oubli ou, au mieux, dans les sites d’abandonwares (diffusion gratuite illégale mais tolérée, et pas de modification). On peut aussi pirater mais ce n’est ni légal ni rassurant

Heureusement, on a déjà vu des sociétés libérer des sources de leurs jeux : id Software (Doom, Quake) a ainsi confié au monde open source plusieurs de ses moteurs id Tech (mais pas les graphismes, les textures ou la musique) et des FPS libres sont basés dessus (Tremulous, Warsow). De son côté, Ryzom a été entièrement libéré par ses créateurs.

Red Eclipse
Red Eclipse

On essaie ?

Jouer aux jeux libres, c’est avant tout une question de principe, de philosophie (comme l’écologie qui ne doit pas être une fin en soi mais un moyen d’améliorer le monde). On y trouve des pépites indépendantes, des jeux surprenants qui font fi des effets de mode. On y trouve surtout des projets portés par des communautés geeks et utopistes.

Au vu du contexte de développement, la majorité des jeux libres s’installent sur ordinateur (ou smartphone) sous Linux, un système libre (évidemment) ou Windows. Voici un guide de sélection pour faire chauffer vos neurones et vos pads. Et, en dépit de toute la valeur ajoutée des jeux libres que nous avons défendu dans cet article, nous partons des jeux propriétaires pour vous aider à découvrir leurs pendants libres. A noter que tout ces jeux sont gratuits, mais ceci n’est pas une condition stricto sensu de liberté.

Si vous aimez :

  • Age of Empires : 0 A.D. > jeu de conquête stratégique encore en version alpha mais déjà jouable.
  • Age of Wonders : The Battle for Wesnoth > jeu de stratégie par tour dans un univers d’heroic-fantasy coloré.
  • Doom : Freedoom > FPS retro pour massacrer des hordes de démons en toute liberté !
  • Elasto Mania : X-Moto > jeu de dextérité où on guide un conducteur monté sur une moto tout terrain à ressorts.
  • Fallout : FreedroidRPG > jeu de rôle en 3D isométrique dont le héros est le manchot Tux (mascotte de Linux).
  • Guitar Hero : Frets On Fire > jeu de simulation de guitare pour améliorer sa dextérité au clavier tout en s’amusant.
  • Liero : Teeworlds > un shooter d’action/arcade 2D, cartoon, multijoueurs et assez rapide.
  • Mario Kart : SuperTuxKart > jeu de kart dynamique où les pilotes sont les mascottes du logiciel libre. Privilégier la version 0.8 plus légère et plus stable.
  • Lemmings : Pingus > un jeu de plate-forme où il faut sauver une colonie de manchots en en sacrifiant certains pour traverser les niveaux.
Pingus
Pingus
  • Minecraft : Minetest > jeu de construction en bac à sable. Si vous êtes enseignant, animateur, médiateur numérique, le serveur Framinestest Edu est disponible pour un usage éducatif.
  • Puzzle Bobble : Frozen Bubble > un jeu de puzzle où il faut supprimer des boules colorées par groupe de trois en tirant dessus avec un canon à boules.
  • Quake III Arena : Xonotic > FPS multijoueur avec de superbes graphismes.
  • Sudoku : 2048 > jeu de puzzle numérique en ligne et surtout addictif.
  • Super Mario Bros. : SuperTux > jeu de plate-forme où Tux est encore le héros dans un univers de banquise.
  • SSX : Extreme Tux Racer > jeu de glisse rigolo avec Tux.
  • Tetris : Blockinger > clone libre sur smartphone/tablette.
  • Transport Tycoon Deluxe : OpenTTD > simulation de transports.
  • Unreal Tournament : Red Eclipse > FPS 3D solo ou multijoueur, également éditeur de carte en temps réel.
  • Warcraft III : Glest > jeu de stratégie 3D en temps réel.
  • World of Warcraft : Ryzom > MMORPG de fantasy dans un monde végétal.
  • Worms : Hedgewars > jeux de massacre convivial au tour par tour disposant de graphismes soignés.

Et si vous avez dix minutes à tuer, allez donc voir du côté de Framagames : libre et directement dans votre navigateur !


Sources : Jeuxlibres.net / Desclicks. Voir également le Bottin des Jeux Linux et Jeuxlinux.fr.

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