Lors de l’été 2013,  Anna Stesia, assistante au département Jeunesse de la Médiathèque André Malraux, a passé quelque temps du côté de la capitale Russe et a visité le Museum Of Arcade Machines. Interview.

Comment se retrouve-t-on dans ce musée ? IMG_3039

Une amie qui savait que j’allais en Russie m’a donné un article d’une revue recensant les bons plans à Moscou et c’est là que j’ai appris l’existence du musée. Nous avons donc décidé de traverser la ville pour aller le voir. Nous trouvions ça marrant de voir à quoi ressemblaient les jeux à l’époque soviétique car presque beaucoup de choses étaient interdites et il y avait un contexte de guerre froide très présent.  Nous étions intriguées de voir ce que représentait la notion d’amusement à cette période. Nous nous doutions que tout était très daté et que ce serait marrant de comparer nos jeux de l’époque et ceux d’il y a 30 ans en Russie.

C’est facile à trouver à Moscou ?

Oui c’est assez facile à trouver, prenez la ligne bleue du métro (n°3), arrêtez vous à la station Baumanskaya, prenez la rue du même nom, continuez tout droit et ce sera au numéro 11. Une entrée au musée qui comprend 10 pièces de 15 kopecks pour pouvoir jouer sur les machines coûte 350 roubles (environ 8€). C’est assez cher pour un musée russe (en général les entrées pour les monuments sont approximativement de 250 roubles) mais cela vaut le détour.

Est-ce un endroit confortable ?

C’est un endroit assez accueillant même si les employés ne sont pas d’une sympathie débordante, ils nous donnent nos kopecks et on se débrouille après. On se retrouve tout de suite plongé dans une ambiance des années 60/70 grâce à la musique exclusivement occidentale et rétro. C’est un endroit assez branché où les jeunes viennent jouer en groupe ou boire un coup. Preuve que c’est un endroit branché : une séance photo pour un magazine de mode était en cours pendant ma visite. Cela ne ressemble pas du tout à notre gametisch, ce sont des arcades très grosses qui sont présentées et qui étaient dans des cafés ou des bars de l’époque. C’est un peu l’équivalent des juke-boxes ou des flippers occidentaux. Les machines ont l’air industriel et imposant car elles étaient fabriquées dans des usines produisant des éléments militaires ainsi que d’autres machines qui n’avaient rien à voir avec les jeux.  On faisait des jeux avec les lignes de production déjà existantes et cela ne représentait de toute façon pas beaucoup de machines. IMG_3073

Tu m’as dit qu’on te donnait des pièces pour jouer ?

Les 15 « jetons » (des kopecks de l’Union Soviétique) sont compris dans le prix du billet et cela est largement suffisant pour passer 1h30 dans le musée. Les employés acceptent de redonner des jetons gratuitement si jamais cela ne suffit pas (dans la limite du raisonnable). C’est exactement le même principe qu’une salle d’arcade sauf que la facture n’est pas trop salée à la sortie et qu’on ressort avec l’impression d’avoir passé 2h en URSS. IMG_3056

Quels sont les jeux qui t’ont le plus plu ?  Duplet, Zond, Billiard, Snezhnaya koroleva, Cirk, Teleport, Obgon, Virazh, Kran, Istrebiteli, Fortuna ou Gachemgon ?

Les jeux qui m’ont le plus plu sont le Gachemgon, une espèce de basket interactif, le Baby Hockey (c’est le même principe que le baby foot mais en jouant au hockey), leMorskoi Boi  (la bataille navale), et l’ancêtre du jeu Dance dance revolution.    As-tu reconnu des concepts de jeux japonais ou américains que les informaticiens russes auraient copiés, à l’instar des ingénieurs Tupolev qui se seraient inspiré du Concorde ?  Oui, on a pu notamment reconnaître les batailles navales telles qu’on les connait en Occident, ou l’ancêtre de Dance dance revolution  inventé par des japonais. Ce qui nous a frappées durant la visite, c’est le fait que les jeux étaient quand même très représentatifs de l’époque de la Guerre Froide dans laquelle ils ont été IMG_3106construits. Il était quand même beaucoup question de batailles navales, aériennes ou terrestres et de reconnaître ses ennemis, en l’occurrence les Américains.

Museum Of Arcade Machines / Métro Baumanskia (ligne 3) / Oul. Baumanskia, 11 / Moscou (photos Anna Stesia, août 2013)

Bonjour chez vous.

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